Les Lofoten deviennent à la mode chez les amateurs d’aventure et d’outdoor. Il faut dire que l’archipel situé au nord ouest de la Norvège, à 300 km au Nord du cercle arctique, a de quoi faire rêver : les paysages tourmentés d’îles et de montagnes rocheuses aux pics acérés, dans lesquels s’insèrent lacs et plages de sables blancs, confèrent aux Lofoten un caractère sauvage unique. L’impression d’être « au bout du monde » est accentué par l’aspect quasi désertique de l’archipel, longtemps resté à l’écart du reste du pays et seulement peuplé d’environ 25 000 habitants. Les nombreux villages de pécheurs, disséminés sur les côtes et notamment les rorbuers (« maisons de pêcheurs » traditionnelles) – rouges pour l’essentiel, jaunes parfois -, ajoutent une touche de folklore et participent à la création de ces paysages de cartes postales.

Comme de nombreux autres, nous avons été séduits par les images et vidéos de ces îles qui fleurissent désormais de plus en plus dans les magazines consacrées à l’outdoor et sur le net. Rendons hommage notamment à la vidéo de Vincent Gaudin du Lofoten Ultra-trail ou encore aux nombreux récits de voyage de SentiersduPhoenix qui ont contribué, parmi d’autres, à nous faire découvrir les Lofoten. Dès ces premières lectures, nous avons été pris d’une envie irrépressible de nous rendre sur place afin de découvrir ce territoire et de pouvoir contempler de nos propres yeux la majesté de ces paysages. Car nous sommes comme Saint Thomas, nous ne croyons que ce que nous voyons ! Nous nous sommes donc rendus aux îles Lofoten en ce début du mois d’aout 2019, période au cours de laquelle règne sur ces îles une atmosphère printanière et au cours de laquelle la luminosité sublime les paysages. Durant notre séjour de 10 jours, nous avons eu l’occasion de réaliser 8 randonnées, situées sur Moskenesøya, Flakstadøya et Vestvågøya, les trois îles les plus au Sud  – et les plus sauvages – de l’archipel. Les parcours alternent les paysages de montagnes, de plaines et de côtes ainsi que les difficultés et les dénivelés. Nous vous proposons de revivre notre séjour en photos ainsi qu’une description de chacune de ces randonnées.

Ascension du Gurantinden – 10 km et 700 d+

Première randonnée réalisée aux Lofoten, l’ascension du Gurantinden (540 m alt.) nous a offert un panorama exceptionnel – à 360° – sur la partie sud et centrale des Lofoten. Le parcours se déroule sur les hauteurs de la ville de Leknes (Vestvågøya) et se décompose en deux parties : la première, plutôt plate, traverse une végétation dense, notamment une forêt de sapins, puis longe un ruisseau qui mène à un plateau où nous avons pu faire notre première rencontre avec les moutons zens et peu farouches des Lofoten ! Dès lors, le sentier se redresse nettement et la végétation disparaît pour laisser place à des sentiers plus techniques. Arrivés au col, nous avons dans un premier temps bifurqué à gauche pour réaliser l’ascension – courte mais ardue – du Bulitinden avant d’enchaîner par celle, plus facile, du Gurantinden. Nous avons pris le temps d’admirer les paysages, notamment la magnifique vue sur le Vestfjord – le fjord situé entre les Lofoten et la côte norvégienne -, et ce en dépit du vent glacial… avant de redescendre et d’emprunter le même chemin pour le retour.

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Ascension de l’Himmeltinden – 8 km et 940 d+

Dans le cadre de notre 2nde randonnée, nous avons choisi de nous attaquer à un des sommets les plus majestueux des Lofoten. L’Himmeltinden (« sommet du ciel ») domine en effet du haut de ses 875 mètres d’altitude le paysage de l’ouest de l’île de Vestvågøya. Depuis la plage d’Haukland, nous avons emprunté une route, puis un sentier qui mène à un plateau verdoyant. Nous avons ensuite bifurqué à droite et entamé l’ascension qui se déroule en trois temps : la première est ardue mais ce n’est rien en comparaison de la seconde qui, dès la sortie du vallon, devient particulièrement éprouvante. Les pourcentages deviennent affolants… les passages où le revêtement devient particulièrement friable et glissant alternent avec le franchissement de cimes acérées. Bref, nous nous sommes régulièrement retrouvés à quatre pattes ! La troisième et dernière partie, en dépit de quelques passages techniques et pentus, est plus abordable. Mais les efforts en valaient assurément la peine! Au sommet se dresse un grand cairn derrière lequel apparaît un panorama à 360° sur le sud des Lofoten, la mer de Norvège ou encore la magnifique plage d’Uttakleiv située en contrebas, de quoi vous étourdir… La descente, qui se fait par le même chemin, s’est révélée tout aussi éprouvante pour nous, entre glissades et passages plus ou moins improvisés sur les fesses. Nos quadriceps s’en sont longtemps souvenus !

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Plage de Kvavilka – 11 km et 400 d+

Dans le cadre de notre 3ème randonnée, nous avions opté pour un parcours en boucle, offrant moins de dénivelé et à priori plus accessible, avec pour ambition de déjeuner sur Kvalvika, une des plages les plus belles et les plus connues des Lofoten. Au départ de Litlkrystad, un hameau situé au bout d’une route sur l’île de Flakstadøya, nous avons emprunté un sentier qui longe trois lacs d’eau douce. C’est à cette occasion que nous avons compris que l’absence (relative) de dénivelé n’était pas forcément synonyme de facilité en matière de randonnée aux Lofoten… La première partie du sentier se réalise en effet dans une tourbière qui – heureusement – est aménagée par endroits de planches de bois, puis se poursuit par une interminable succession de pierriers qui mène sur les hauteurs de la plage de Kvalvika. Si la descente sur la partie sud de la plage est aisée et offre de magnifiques paysages, l’accès à la seconde partie, située de l’autre côté d’un contrefort rocheux, est plus sinueux et ardu, mais la vue en vaut le détour… la partie septentrionale de la plage de Kvalvika (« plage des baleines ») est assurément la plus belle et constitue une véritable havre de paix. Nous avons pu admirer les nombreux randonneurs courageux se lancer dans l’ascension du Ryten, sommet qui domine la plage. Nous avons pour notre part pris le chemin du retour qui commence par l’ascension d’un pierrier assez technique et se poursuit par une longue descente dans une tourbière qui mène jusqu’à un parking. Les trois derniers kilomètres de la randonnée, plus anecdotiques, s’effectuent le long d’une petite route bitumée.

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Ascension du Munkan – 14 km et 960 d+

Il paraît que le Munkan, ce sommet situé au cœur de l’île de Moskenesøya et qui culmine à 760 m. d’altitude, offre l’un des plus beaux panoramas des Lofoten. Si ce n’est pas le cas, alors il n’en est pas loin ! La vue est assurément à couper le souffle au sommet et le sentiment d’être sur le toit du monde est au rendez-vous. Mais ce privilège, ici comme ailleurs, se mérite tant le parcours est long et par moments ardu. L’ascension se déroule en réalité par paliers et offre des paysages très différents. Se succèdent ainsi portions sur des plateaux, où les randonneurs longent des lacs, et passages très pentus, souvent techniques (avec passages de cordes pour le premier…) et donc assez éprouvants. La dernière partie de l’ascension, après le passage du refuge et dans un paysage qui rappelle la haute-montagne, est sans doute la plus dure pour les jambes et comporte quelques passages aériens, mais l’arrivée en haut du pierrier massif qui constitue le sommet en vaut assurément la chandelle… Nous avons particulièrement apprécié la présence d’un balisage le long du sentier, ce qui est suffisamment rare aux Lofoten pour être signalé !

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Traversée de Nesland à Nusfjord – 13 km et 470 d+

Longeant la côte est de l’île de Flakstadøya, cette randonnée, que nous avons choisi de réaliser dans l’optique de découvrir de nouveaux paysages tout en reposant (quelque peu) nos organismes, n’en est pas moins exigeante. Ce tracé propose en effet une série de up and down qui longe la côte reliant Nesland à Nusjford et impose certaines difficultés – passages de cordes, d’échelles, de pierriers – qui pourraient rebrousser les débutants. Les paysages côtiers nous ont rappelé à certains égards ceux rencontrés durant notre séjour à Belle-Île-en-Mer, à la différence de la présence d’une végétation plus luxuriante par endroits. Nous avons pour notre part choisi de prendre le départ depuis Nesland – afin d’économiser les 100 NOK de droit d’entrée à Nusfjord … – et de prendre notre pause déjeuner au cœur de ce magnifique village traditionnel de pêcheurs, enclavé dans un fjord et bercé par les cris des nombreuses mouettes, que constitue Nusfjord !

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Ascension du Reinebringen – 7km et 500 d+

Parmi les ascensions mythiques des Lofoten figure assurément le Reinebringen. Ce sommet qui surplombe le village de Reine et le fjord du même nom offre en effet sans conteste l’un des panoramas les plus spectaculaires de l’archipel. La renommée du Reinebringen tient aussi pour beaucoup à son dénivelé dantesque (38% de moyenne ! strava faisant foi) et ses pentes abruptes qui font toute la difficulté de sa courte ascension. C’est donc avec une certaine appréhension que nous avons pris le départ de cette randonnée depuis le centre de la ville de Reine, avant de longer sur quelques centaines de mètres l’E10 – la route qui traverse les Lofoten – et de retrouver les premières marches de l’ascension situées au-dessus d’un … tunnel ! C’est sans doute à cet endroit qu’on mesure toute l’ampleur de la tâche qui nous attend, à mesure que l’on aperçoit le tracé sinueux et vertigineux se dessiner dans la montagne… C’est à cet endroit également qu’on rencontre les randonneurs qui en finissent avec la descente, éprouvés, et les quelques accompagnants, assis, qui ont tout simplement renoncé ! Heureusement, la municipalité de Moskenes a décidé il y a quelques mois d’aménager le tracé qui devenait particulièrement dangereux du fait des glissades des marcheurs et des éboulements à répétition. Décision sage qui assure sans doute un peu plus la sécurité des randonneurs mais qui n’en rend pas le périple moins ardu ! L’ascension des quelques 1730 marches et 450 m. de dénivelé est une véritable épreuve qui comporte quelques passages vertigineux, voir glissants pour la dernière centaine de mètres qui n’a pas été aménagée, mais qui offre aussi un spectacle somptueux dès les premiers pas posés sur la crête. Une fois l’incontournable photo prise, on reste comme subjugué par le panorama qui se dresse sous nos yeux… Nous avons pour notre part choisi de poursuivre quelques centaines de mètres d’ascension sur la crête avant de faire demi-tour tant le tracé, qui se faufile entre deux précipices, devient vertigineux…

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Le tour du lac d’Agvatnet – 10 km et 250 d+

Une fois l’ascension du Reinebringen achevée, nous avons ensuite décidé d’enchaîner par le tour du lac d’Agvanet, une randonnée qui nous paraissait à priori plutôt facile d’accès mais qui au final s’est également révélée assez ardue. Bref, on ne cessera de le répéter, il n’y a pas de randonnée facile aux Lofoten ! Ce parcours, au départ du village de A i Lofoten, propose de réaliser le tour de l’imposant lac d’Agvatnet. Nous avons choisi d’emprunter en premier lieu sa rive gauche qui s’est révélée être la plus technique et difficile, du fait de la présence de certains passages vertigineux que des cordes aménagées rendent heureusement plus abordables. Après avoir effectué une pause sur une plage de sable fin, nous avons entrepris la traversée de la rive droite du lac qui n’en est pas moins aisée du fait de la succession de pierriers qui rendent certaines sections glissantes et étroites. L’exigence du tracé est pourtant contrebalancée par les magnifiques images que peut offrir le lac lorsque le ciel se dégage. La luminosité particulière des Lofoten donne ici tous ces éclats si bien qu’on se prend à envier les quelques habitants résidant sur les rives du lac… Nous avons pour notre part choisi de terminer la randonnée en déambulant dans les ruelles du très pittoresque village de A i Lofoten.

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Ascension du Fulghuken – 16 km et 1100 d+

Nous avons consacré notre dernier jour de randonnée aux Lofoten au Fulghuken, un sommet culminant à 540 m. d’altitude et situé sur la pointe septentrionale de l’île de Moskenesøya. Au départ de la plage d’Yttersand, une courte mais non moins éprouvante montée nous a permis d’accéder à la crête de Litlberget sauvage, herbeuse et bercée par les vents. Le parcours propose ensuite de redescendre dans la vallée de Stokkvikdalen où le sentier disparaît progressivement dans les hautes herbes… ce qui nous a amené assez logiquement à nous perdre! Après avoir croisé un très beau vison d’Amérique et quelques moutons semi-sauvages, nous sommes heureusement parvenus à retrouver notre chemin et à traverser l’immense tourbière longue d’environ 3 km. L’arrivée à un col, surplombant une falaise, nous a permis de rencontrer à nouveau quelques randonneurs et a ainsi marqué pour nous une forme de retour à la civilisation tant nous avions jusqu’ici l’impression d’être seuls au monde ! L’ascension du Fulghuken, raide et vertigineuse dans sa première partie, se poursuit ensuite sur des crêtes relativement larges et devient ainsi plus agréable dans sa seconde moitié. L’arrivée au sommet, qui surplombe des falaises impressionnantes, nous a offert de très beaux panoramas sur le sud de l’île de Flakstadøya, le Ryten ainsi que la plage de Kvavilka, en dépit d’un ciel relativement ombragé. Le retour s’est ensuite réalisé en contournant le fond de la vallée puis en rejoignant la crête de Ytresandheia avant de redescendre vers le point de départ.

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Bilan de notre séjour

Difficile de résumer notre séjour tant il restera gravé pour longtemps dans nos mémoires. Les paysages rencontrés sont effectivement autant variés qu’exceptionnels. Nous nous sommes d’ailleurs régulièrement arrêté, comme de nombreux autres automobilistes, sur le bord de la route pour admirer les panoramas qui se dressaient devant nous. Car tout est exceptionnel aux Lofoten et le paysage le plus anodin prend inévitablement des allures de cartes postales dès que le ciel se dégage… Il faut dire que nous avons été particulièrement gâté par la météo durant notre séjour : du soleil, peu de vent, des températures oscillant entre les 14 et les 21°C ! Seuls quelques nuages seront venus quelques peu ternir le tableau lors de la dernière randonnée.

Nous avons donc pu randonner à notre guise. Sur le plan comptable, nous avons parcouru durant nos 7 jours de randonnées environ 90 km et 5300 mètres de dénivelés positif ! Un beau petit bout de chemin, d’autant quand on considère la difficulté des sentiers lofoteniens. Nous avons en effet été surpris par la technicité des chemins qui se dressaient devant nous : rocheux, souvent glissants et comportant de nombreux passages techniques et aériens, heureusement la plupart du temps aménagés de rampes et de cordes. A cela, s’ajoute le fait que la visibilité des sentiers, en dehors des parcours les plus connus et fréquentés de l’archipel, n’est pas forcément idéale, les traces disparaissant régulièrement au milieu des pierriers et des hautes herbes… Bref, les Lofoten ne s’offrent pas sur un plateau: il faut être aguerri et patient et c’est sans doute mieux comme cela !

Vous pouvez retrouver la vidéo retraçant notre séjour ici.

Auteur(s)

Pauline
Julian

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